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Ayant acquis reconnaissance et légitimité au sein de
l’univers de la haute couture française, Azzedine Alaïa
eut plaisir, tout au long de sa carrière, à intégrer les
inspirations d’un pays, d’un continent qu’il avait quitté
tôt mais qui continua d’exercer sur lui une fascination
profonde.
L’exposition « Azzedine Alaïa et l'Afrique » réunit pour
la première fois les créations du couturier autour d’un
sujet qui servit de guide à trois collections en particulier,
celles du printemps-été 1988, 1989 et 1990. À la faveur
de ces collections, le couturier entreprit de revisiter les
couleurs naturelles, ficelle et mastic. Des coquillages et
des raphias tressés il fit des robes, véritables paraphes
des souvenirs d’un continent approché.
À travers une cinquantaine de modèles, ce sont les
moucharabiehs de sa Tunisie natale que le couturier
nous donne à apprécier dans ses robes chemises
ajourées. Les blancs cotons comme la chaux répandues
sur les maisons étincèlent. Les noirs profonds suggèrent
d’autres allusions de vêtements. Les couleurs sable et
terre des territoires subsahariens déploient une gamme chromatique à la fois infinie et maîtrisée. Allusion à l’Egypte, les robes bandelettes
imposent une présence solennelle chargée d’histoire.
Au premier étage de la fondation, à côté du studio de
création de Monsieur Alaïa, les photographies de son
ami, Peter Beard sont exposées. Souvenirs d' un voyage
commun en pays Masaï en 1996, elles évoquent ce
séjour au Kenya dont le couturier revint débordant
d’enthousiasme et d’émotion, retrouvant les contours
d’un imaginaire à l’œuvre.
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