CE CINE PREND LA CARTE ILLIMITEE UGC/MK2 ET LA CARTE CIP.
Une banlieue banale couverte de neige. Au petit matin, un viol est commis, bientôt suivi d’une autre tentative. Anders a été remarqué non loin de la scène du crime. La police l’arrête et se livre à une enquête pour déterminer les raisons qui auraient pu pousser ce jeune homme ordinaire à commettre ces actes. Anders ne se reconnaît pas dans le portrait que l’on fait de lui. Mais les rouages implacables de la machine judiciaire se sont enclenchés.
Réalisé en 1971 par Anja Breien, dont on a pu récemment découvrir la remarquable trilogie Wives — constituée de trois films suivant trois amies à différentes périodes de leur vie —, Le Viol (Le Cas Anders) s’intéresse au système judiciaire norvégien et aborde de nombreux thèmes : la présomption d’innocence, le poids d’une réputation entachée par des écarts passés, mais aussi, bien sûr, les violences sexuelles.
Le film s’ouvre sur une scène de viol, montrée sans complaisance ni effet de mise en scène facile ou déplacé. Les faits nous sont présentés dans leur brutalité. La jeune femme porte plainte, et une autre femme, victime d’une tentative de viol, contacte la police. Parmi les suspects, Anders, un jeune homme d’une vingtaine d’années, retient l’attention des victimes, puis celle de la police et de la justice.
Construit à la manière d’un documentaire, le long métrage d’Anja Breien retrace la trajectoire d’un jeune homme solitaire et introverti dont on ne saura jamais s’il est coupable ou non du viol qui lui est imputé, ni de la tentative qui lui est attribuée. Le film rappelle des articles de loi, expose la procédure judiciaire norvégienne, et nous fait assister en partie au procès, aux réquisitoires du procureur et à la plaidoirie de l’avocat d’Anders.

Deux ans auparavant, Anders a écopé d’une amende pour voyeurisme et est connu des services de police pour avoir frappé un collègue. De quoi en faire, aux yeux de tous, un jeune homme pervers et violent. De nombreux indices semblent l’incriminer, mais aucune preuve tangible n’est retenue contre lui. Et cet homme, peu bavard et peu au fait des questions juridiques, ne se défend guère. Le procureur affirme que la gravité des faits doit l’emporter ; l’avocat rétorque que le doute doit toujours profiter à l’accusé. Jamais la réalisatrice ne tranche : Anders est-il coupable ou non ? Elle dresse plutôt le tableau clinique d’une société traversée par une violence diffuse, où la peur du crime — légitime — peut mener à des décisions dont on ne saura jamais si elles sont justifiées.
Aucun personnage n’est caricaturé : chacun agit selon ce qu’il estime juste. Les deux femmes réclament justice, le procureur exige une sanction exemplaire, l’avocat défend le bénéfice du doute. Seul Anders ne se positionne pas vraiment. Est-ce parce qu’il est coupable, ou parce qu’il ne possède pas les ressources nécessaires pour se défendre face à l’accusation ? Œuvre fascinante, refusant tout dénouement explicite, Le Viol (Le Cas Anders) est avant tout le portrait d’un homme peu instruit, incapable de se défendre, qu’il soit coupable ou non. Il n’en a ni les codes, ni la réputation, ni l’assurance. Pour son premier long métrage, Anja Breien signait un film passionnant et d’une grande maîtrise.
Liste des inscrits (1/4 reste 3)
Liste d'attente 
Sois le premier à poster un commentaire sur cette sortie !