Tales from the Hood
Dans Pig, son premier long-métrage, Michael Sarnoski offrait à Nicolas Cage un rôle à sa hauteur : celui d’un ramasseur de truffes solitaire dont on apprenait plus tard qu’il était une véritable légende de la région de Portland, exilé du chaos urbain après avoir constaté son artificialité. Désormais bien installé à Hollywood, le cinéaste dispose cette fois d’une légende préexistante, à savoir celle du célébrissime Robin des Bois, accaparé par le cinéma américain depuis les années 1910.
Mais, contrairement à l’ermite de Pig, ce héros est loin de correspondre au portrait qu’on fait de lui. Il ne ressemble pas à Errol Flynn, pas plus qu’à Kevin Costner. Il ne volait pas les riches pour donner aux pauvres, mais trucidait sans discernement hommes, femmes et enfants avant de vérifier le contenu de leur bourse. Le temps a passé, ses compagnons sont quasi tous morts et lui aussi s’est exilé, non pas pour chercher des truffes, mais pour survivre encore un peu dans le monde violent qu’il a largement contribué à salir.

De toute évidence, le cinéaste s’est pris de passion pour les petites histoires derrière les grandes. Et c’est là qu’il excelle. À l’inverse d’une certaine génération de cinéastes hollywoodiens, il ne se prosterne pas devant la toute-puissance de la narration et ses vertus universalistes tirées des écrits de Joseph Campbell. Dans On l’appelait Robin des Bois, la grandeur de la légende est un mensonge dont même Robin ne veut plus. D’ailleurs, c’est bien la réalité qui le rattrape constamment, à travers – et c’est l’une des meilleures idées du film – des vagues de jeunes guerriers venus se venger de leurs parents.
Quoi que promettait la promotion, il ne faut pas attendre du scénario qu’il se complaise dans l’ultra-violence des combats d’antan, dont cet antihéros s’était fait une spécialité. Il comporte certes dans sa première partie un affrontement particulièrement éprouvant et cruel, mais après un tiers de film, Robin échoue sur une île hospitalière, où il trouvera une forme d’apaisement auprès de la mystérieuse Sœur Brigid. Un brusque changement de rythme qui risque d’en décevoir beaucoup, mais qui est au cœur des enjeux.

How to disappear Completely
Sarnoski se serait inspiré de la ballade La Mort de Robin des Bois, où le héros est saigné à mort par une prieure. Il aurait toutefois décidé d’inverser les rôles : Robin est le tueur au sang froid et son hôte le parangon de vertu. Pour vraiment se glisser entre le mythe et la triste réalité, le réalisateur et scénariste devait éviter le piège de la rédemption, cette véritable obsession américaine qui constitue la colonne vertébrale narrative de nombre de blockbusters.
Et il l’évite avec une grande adresse. Véritable monstre qui assume son passé sanglant, Robin ne saurait être facilement pardonné grâce à une ultime bonne action. Paradoxalement, il n’en est que plus vulnérable : confronté à l’impossibilité de cette rédemption, il doit prendre d’autres décisions. Une étude de personnage particulièrement sombre qui gagne en complexité dans la dernière partie, à la faveur d’un petit revirement venant nous priver de la résolution attendue… et espérée.

Elle fonctionne aussi en grande partie grâce au jeu de Hugh Jackman, qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles. Il avait déjà tâté du vieux héros violent dans Logan, mais il va plus loin ici, affichant sa fatigue sur chaque plan, avec une pesanteur qui rappelle encore une fois la performance géniale de Cage dans Pig. C’était un sacré défi d’incarner un personnage aussi détestable tout en donnant des raisons au public du













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