À Kyoto, entre l’université et un petit boulot dans des bains publics, Toru garde toujours ses parapluies à portée de main, tels des boucliers contre le monde extérieur. Quand il rencontre Hana, mystérieuse, lumineuse, fragile, l’évidence naît entre eux… avant qu’elle ne disparaisse soudainement.
Après nous avoir ébahis en 2020 avec l’excellent Tempura (sorti chez nous en 2022), la cinéaste Akiko Ohku nous plonge aujourd’hui Sous le ciel de Kyoto, où drame et romance sont au rendez-vous. Se démarquant par la beauté de ses cadres kyotoïtes, la puissance de son récit et la profondeur de ses personnages — qui se comptent sur les doigts d’une main —, embarquons ensemble dans le cœur étudiant de Kyoto, adapté du roman de Shusuke Fukutoku.
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C’est l’histoire de l’étudiant au parapluie
Sous le ciel de Kyoto nous conte l’histoire de Toru (Riku Hagiwara), un étudiant de l’université de Kyoto. D’un tempérament calme et discret, voire introverti, il traîne pourtant une réputation étrange : celle de toujours avoir un parapluie sous lequel il s’abrite, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse grand soleil, tel une sorte de bouclier antisocial. Son seul ami ? Son camarade Yamane (Kodai Kurosaki), de nature excentrique, mais d’une amitié sincère envers notre protagoniste, en plus de jouer le rôle du ressort comique du métrage.
Alors qu’il vit sa vie entre ses études et son baito dans les bains publics du coin, en compagnie de la jeune Sacchan (Aoi Ito), qui ne cesse de vouloir attirer son attention, notre introverti tombe sous le charme de Hana Sakurada (Yuumi Kawai), une camarade, de prime abord, introvertie et solitaire. Mais très vite, leur rencontre et leurs nombreux atomes crochus, vont donner lieu à des étincelles dans le quotidien de notre jeune Toru, et petit à petit, l’ouvrir au monde extérieur. Mais à quel prix ?

Un récit surprenant
Sous le ciel de Kyoto se démarque par la pluralité de son récit. En effet, le métrage d’Akiko Ohku explore avec brio les genres (du feel-good au drame en passant par la romance…) et les thématiques, pour nous transmettre pléthore d’émotions, à l’image de la vie et du quotidien de notre protagoniste, Toru. On retrouve ainsi différents genres et thématiques fortes dispersés au fil du récit et des intrigues qui composent la narration : que ce soit sa relation naissante avec Hana, son lien avec sa collègue Sacchan qui s’intensifie et vacille au fil du récit, ou encore les hauts et les bas de sa relation amicale avec son seul ami Yamane (ce dernier, un peu sous-exploité, malheureusement).
Ainsi, nous avons ici des intrigues qui s’entremêlent, mais qui, pourtant, avec une malignité d’écriture rare, ne convergent presque jamais, mais, indirectement, font avancer, à leur manière et à leur échelle, une intrigue globale : celle des hauts et des bas de la vie de Toru. Soyons clairs, Sous le ciel de Kyoto n’a pas vocation à nous offrir un véritable but ou une finalité propre actée dès les premières minutes. À l’image de Tempura (2020), le film explore le thème de la vie au sens le plus large, avec une sincérité rare, en y introduisant les pensées, parfois égoïstes de ses protagonistes et du monde actuel dans lequel ils évoluent… De l’histoire d’amour au drame violent, en passant par les quiproquos malheureux… Décidément, il s’en passe des choses sous le ciel de Kyoto !


Akiko Ohku signe une réalisation dynamique
À nos yeux, la plus grande force de ce long-métrage réside dans la qualité de sa réalisation. En effet, Sous le ciel de Kyoto jouit d’une réalisation extrêmement soignée, où la beauté des cadres n’est égale que le soin accordé à la mise en scène. Le récit est porté par un rythme lent et une réalisation très contemplative, à base de plans larges et longs, particulièrement picturaux, où chaque recoin de la capitale impériale y est mis en valeur. On apprécie également le cadre universitaire profondément politique, réaliste et actuel, qui porte le métrage. Un cadre, qui est, disons-le, assez rare dans le cinéma japonais (et même dans l’anime) qui a en temps normal, plutôt, tendance à favoriser le milieu lycéen, familial ou jeune adultes.
Toujours du côté de la réalisation, Akiko Ohku et le monteur Hiroyuki Yoneda (qui a déjà officié sur Tempura) nous offrent un montage moderne et dynamique, qui fait contraste avec la nature contemplative du récit et de la mise en scène : split screen, ralentis particulièrement expressifs… La cinéaste exploite avec brio ce qui fait le charme de son cinéma, en jouant sur l’expressivité de ses personnages et de ses situations à travers une mise en scène originale et audacieuse.


Après nous avoir ébahis avec l’excellent Tempura, la cinéaste Akiko Ohku nous transporte avec brio dans l’univers universitaire kyotoïte à travers des protagonistes profondément sincères et authentiques. Porté par un rythme lent et contemplatif, Sous le ciel de Kyoto se démarque avant tout par le soin de sa narration qui met en avant les hauts et les bas de la vie, à travers de nombreuses thématiques fortes telles que l’amour, l’amitié ou encore le deuil, sans jamais se focaliser sur une finalité propre, mais en laissant le courant de la vie guider nos personnages. Un petit bijou qui fera voyager les spectateurs estivaux.
TITRE ORIGINAL : Kyō no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa (今日の空が一番好き、とまだ言えない僕は)
GENRE : Drame et romance
TECHNIQUE : Prise de vies réelles
DURÉE : 2h08
PAYS : Japon
DATE DE SORTIE FR : 22 juillet 2026
RÉALISATION : Akiko Ohku
SCÉNARIO : Akiko Ohku
D’APRÈS LE ROMAN DE : Shusuke Fukutoku
AVEC : Riku Hagiwara, Yuumi Kawai et Aoi Itô
PRODUCTION : THEFOOL
DISTRIBUTEUR FR : Art House Films
©️2025 “She Taught Me Serendipity” Film Partners













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